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  • Les perles de Guelendjik (10, à suivre)

     Les perle de Guelendjik de Hank Vogel.jpgAprès ce baiser langoureux, il y va de soi, je me pose la question cruciale suivante:

     Je la baise sur le champ et Adieu Berthe ou je remets la chose à demain afin que Berthe    viennent me les casser le plus tard possible?

     - A quoi tu penses? me demande Anastasia, remarquant mon regard bien songeur.

     - A une légende, je lui réponds. 

     Mensonge forcément!

     - Laquelle? Celle du cheval que ma mère me racontait souvent quand j’étais une petite enfant?

     - Pas du tout... à une toute autre.

     - Raconte!

     - C’est une histoire qui ne mérite pas d’être racontée. Trop... trop...

     - Raconte toute de même! S’il te plaît!

     Et, avec la grâce de Dieu et l’aide de je ne sais  pas quel démon, je me mets à inventer. Soit:

     - Il était une fois le fils adoré d’un Pacha, nommé Ali comme son père, qui rêvait de pêcher de vraies perles. Alors, il se rendait souvent à Guelendjik pour en trouver au moins une. Malheureusement, ce n’était pas l’endroit, jusqu’à aujourd’hui, pour faire une telle découverte. Mais il n’en savait rien. Alors, pour ne pas rentrer à la maison la gueule enfarinée et les mains vides, il ramenait toujours une belle Circassienne qu’il offrait ensuite à son père pour son harem. A son onzième retour de voyage, sa mère, déçues de ses minables exploits et fâchée, lui dit: la prochaine fois, Ali fils d’Ali, si  tu ne revients pas avec une vraie perles, tu n’auras plus le droit de vivre dans cette luxueuse demeure et je demanderai à ton père qu’il fasse de toi un eunuque. Alors, alors...

     - Alors?

     - Lors de son douzième passage à Guelendjik, Ali aperçut, en se promenant dans le quartier des esclaves, une très très belle jeune fille à moitié nue, avec de grosses chaînes aux pieds. Frappé à sa beauté jusqu’aux entrailles et pris de pitié,  il se jeta presque sur son maître et lui dit: Chef ou patron, je la veux à tout prix, combien? Et le bon homme lui dit: elle vaut un collier de vraies perles,  tu as ça? Ali hocha la tête dans tous les sens puis il dit au vendeur d’esclaves: ça fait des mois voire des années que je plonge dans la baie et, toujours, je ne remonte à la surface que de vieilles godasses. Quel imbécile! crie le maître. C’est dans la mer du Japon que tu auras dû faire plongette et non pas ici. Alors Ali, sans tarder, courut au pays du soleil levant, pêcha haut la main 57 perles, fabriqua un collier et une boucle d’oreille, se rendit auprès du trafiquant d’êtres humains et acheta la fille. Quand  Ali se pointa au bercail, avec son dernier achat muni d’un magnifique bijou à l’oreille gauche, sa mère s’exclama: enfin, mon fils est retour avec une vraie perle cette foi-ci! De ce fait, il peut se marier.

     - Conclusion?

     - On se voit quand?...