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Le cheval de Guelendjik (15, à suivre)

 Le cheval de Guelendjik de Hank Vogel.jpgAprès trois majestueux galops avec ce cheval, s’il était vivant bien entendu, nous entrons  au Ledi Marmelad, un tea-room de grande classe.

 Le spectacle est grandiose, forcément. 

 Vu la beauté et la diversité des pâtisseries qui se trouvent dans le comptoir d’exposition à  l’entrée et la grosseur inhabituelle de nos yeux.

 Nous choisissons quatre macarons, deux à la pistache et deux à la fraise. Nous commandons un thé de Chine pour Madame et un cappuccino pour moi. Et nous allons nous  assoir à une table au fond de la salle.

 A peine installés, je dis d’emblée à la présumée psychiatre:

 - Afin que l’on puisse observer les étoiles en toute sérénité, il faut que le ciel soit totalement dégagé... Êtes-vous d’accord avec cet amalgame ou pas?

 - ...  

 - Amalgame selon l’inconnue au vieux clapet... ma mère.  

 Elle me caresse du regard durant un laps de temps puis elle m’ordonne étrangement en me tutoyant: 

 -  A toi de terminer ton dévoilement! Puisque tu as déjà commencé... mais sans oublier tes petits nuages roses et isolés.

 Alors, tel soldat prêt à mourir pour ses chères patries, étant donné que j’en possède deux, je me présente, d’un voix pathétique: 

 - Je m’appelle Uccello Ulisse. J’ai vingt-cinq ans. Je suis né  à Genève, d’une mère sibérienne et d’un père suisse, où je fus,   dans cette ville calviniste et bourgeoise,  un étudiant sans but lucratif mais obstiné à m’enrichir culturellement et scientifiquement. J’ai cru aimé et couché avec des filles à papa, des putes et des lesbiennes. Que des femelles accros au sexe, Dieu soit loué!

 Subitement, je change de ton, en dévoilant à ma locutrice d’en face, il y va de soi:

 - C’est vraiment bizarre, tu me fais vraiment penser à Marie Sidney, la Comtesse de Pembroke... Quelle ressemblance!

 Du coup, son visage devient blanc comme un drap.

 Mais heureusement, à ce moment-là, la  barmaid dépose notre commande sur la table... 

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