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Détenue au secret 17 (à suivre)

 Détenue au secret de Hank Vogel.jpgEt, bien entendu, vu son caractère forgé par des combats politiques sans relâche, mon père persiste et signe sur le terrain de la curiosité, dirait son ancienne secrétaire personnelle et, peut-être, sa maîtresse.

 Donc, donc, donc!

 Au petit-déjeuner,  avant même que nos fraîches oreilles puissent jouir de nos réciproques salamalecs habituels du matin, il me prévient:

 - Étant donné que tu es la chair de ma chair, j’ai pris les devants que cela te déplaise ou te laisse de marbre. Et ce, du moins, pour sauver mon honneur dans cette société que tu estimes mal foutue… où… où…

 - Où veux-tu en venir, Papa? Je lui demande, ahuri comme jamais. Ai-je commis un crime dans ton rêve cette nuit?

 - Laisse-moi finir, s’il te plaît! Pourquoi faut-il que tu ironises toujours mes propos?… 

 - OK… OK…

 - Et cesse d’imiter les voyous du Far-West!

 - Elle est bien bonne!

 - Comment ça?

 - Je croyais que tu  les adorait… Plus maintenant depuis leur président frise la démence?…

 - Ne juge pas sans savoir, fiston!… Au fait, où est ta mère?

 - Elle est allée acheter des croissants. Tradition oblige! Mes jours de congé… 

 - Ah oui, c’est vrai!… Et toi, alors?

 - Moi quoi?

 - Pourquoi tu es encore debout?

 - Parce que j’attends que tu t’assois d’abord… Tradition oblige! Ancestrale, celle-ci…

 - C’est ça, c’est ça!

 Et nous nous asseyons à table. Lui en premier et moi ensuite, forcément.

 - En somme, nous sommes deux pachas bien différents mais deux pachas tout de même, je murmure.

 - Tu es en train de préparer ton prochain discours vu les circonstances? me demande le paternel.

 - Pas le mien, je lui réponds avec un sourire narquois.

 - Mais de qui?… De Maurer peut-être?… Vu ta grimace.

 - Ta déduction va à contre-courent ou à contre-sens.

 - C’est-à-dire?

 - Il s’agit de toi et pas de lui.

 - Je ne te suis pas.

 - J’attends la conclusion de ta tentative discursive.

 - Quel rapport avec tes deux nababs?

 - L’un attend comme un con parce que l’autre s’est contenté de conclure par un double où… Tu me suis maintenant?   

 Du coup, mon vieux se lève d’un bond et m’avoue à haute voix:

 - Parfaitement, Charly! Mais, pour l’amour du ciel, arrête de jouer au prof vicieux qui cherche à perturber ses élèves ou ses collègues, y compris moi-même. Bref!… Hier soir, après notre bizarre entretien derrière la porte, j’ai remué ciel et terre durant une bonne heure et, ne sachant plus quoi pensé, j’ai téléphoné à Maurer qui m’a tout raconté ou presque… Qu’est-ce qui te dérange au CP 123? 

 - Tout et rien, je marmonne.

 - Plus fort! Hurle-t-il. Sinon, n’a qu’à foutre le camp d’ici. Verstanden?

 - …

 Mais à ce moment précis, ma mère entre dans la cuisine et s’adresse aussitôt à mon père sèchement:

- Tu n’as pas honte de menacer ton fils tel un SS? On se croirait à l’époque du moustachu!

 - M… mais, bégaye-t-il.

 - La ferme et rassied-toi! lui ordonne-t-elle.

 Et, sur le champ, l’ancien maire de la ville s’exécute en rougissant. 

 Je n’en crois pas mes yeux.

 - Désolée si cela t’a laissé pantois, mon garçon, me dit la Mutti d’un air faussement navré. Mais que veux-tu, quand un homme accepte d’être considéré de pacha par quelqu’un d’autre aussi pacha que lui, son épouse est capable de se transformer en démon.

 - Merde! Je m’exclame… Tu étais là?

 - Non, je n’étais pas là mais à deux pas d’ici…

 - Mais… mais… nous ne t’avons pas entendue entrer, n’est-ce pas Papa?

 - C’est normal, les préoccupations rendent souvent les gens sourds et parfois totalement apathiques. Pour preuve, je constate que la table est aussi net qu’après le petit-déjeuner. Dans ce cas, je vous conseille d’aller le prendre ailleurs et sans moi.

 - Et les croissants alors? S’inquiète bêtement mon père.

 - Je les ai balancé par la fenêtre, lui explique ma mère… Allez, oust! Avant que je fasse un malheur...

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