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  • Patriote de nulle part (9, à suivre)

     Patriote de nulle part de Hank Vogel.jpgA peine sorti de mon immeuble, bien qu’appartenant à la Caisse de pension d’une organisation  humanitaire dont je n’ose citer son nom, et voilà que je tombe nez à nez avec à Rose-Marie, mon premier amour, qui me demande aussitôt toute perplexe:

     - Que fais-tu là tout endimanché? On dirait que tu sors tout droit d’une église.

     - Non, c’est tout le contraire, je lui réponds, un peu mal à l’aise.

     - Comment ça? À cette heure-ci? Je croyais que tu étais un athée convaincu… non? 

     - Si mais plus maintenant.

     - Depuis quand?

     - Depuis hier?

     - À cause de quoi ou grâce à qui?

     - Je n’en sais rien.

     - Tu n’en sais rien ou tu refuses de m’en dire davantage?

     - C’est ça!

     - Ça quoi?

     - C’est personnel. 

     - Je vois… Tu as gagné à la loterie, n’est-ce pas?

      Merde, me dis-je, elle devine tout cette conne… Que dois-je lui répondre? Mentir en ce moment mettrait sûrement mon Père Céleste en colère.

     - Tu as gagné à la loterie? Répète-t-elle. 

     Tant pis, désobéis à l’intelligence artificielle, me conseille ma conscience. La chance est peut-être encore à tes côtés.

     Et je lui avoue:  

     - C’est ça, je suis le grand gagnant de cette semaine… Ça te va comme ça?

      Rose-Marie me toise un bref instant puis elle me dit avec dédain:

     - Tu mens comme tu respires, c’est pour cela que je t’ai quitté… Tu t’en souviens?

     Et je réagis:

     - C’est faux! C’est moi qui t’ai quitté parce que tu voulais que je sois constamment un livre ouvert, uniquement pour toi. Mais… mais…

     - Mais?

     - Mais aussitôt le livre ouvert, aussitôt tu le refermais comme… comme…

     - Comme?

     - À toi d’imaginer le premier chapitre… Désolé! Mais Dieu, la Madone et le cycliste m’attendent.

     Ceci-dit, je prends congé d’elle et la miss reste pantoise...