En rentrant au bercail, en fin d’après-midi, ma mère me demande, ce qu’elle ne fait jamais lorsque je me pointe à la maison:
- Tu as passé une bonne journée?
- Comme d’hab, je réponds, tout étonné forcément… Pourquoi?
- Parce que ta situation m’inquiète… Et?
- Et quoi?
- Tu n’as pas oublié de te présenter à l’ORP, par hasard?
- Non.
- Es-tu certain?
- Archi certain.
- Alors pourquoi ta placeuse m’a téléphoné?
- À toi personnellement?
- Oui, à moi personnellement.
- Bizarre! Elle voulait quoi?
- Elle te cherchait.
- Et mon portable alors! Il marche à gaz ou à quoi?
- Ces engins-là ne fonctionnent pas toujours partout. Où étais-tu? Dans le train? N’est-ce pas?
Et aussitôt sa dernière phrase composée d’une locution tilte dans ma tête.
J’hésite dix secondes puis je lui avoue, en quelque sorte:
- Je comprends maintenant ce qu’il voulait dire par dur à croquer.
- Qui ça? M’interroge-t-elle en fonçant les sourcils.
- Fritz.
- Quel Fritz?
- Cesse de me prendre pour un con, Maman! Je crie. Tu sais très bien de quel Fritz il s’agit. Chercher midi à quatorze heures, ça ne sert vraiment à rien surtout quand on est toujours en retard ou en avance sur tout…
- C’est quoi pour une parabole? S’affole la Mutti.
Je m’apprête à lui expliquer mais voilà que l’on sonne à la porte.
- Silence! M’ordonne-t-elle… C’est sûrement Papa, il a oublié ses clés aux toilettes ce matin avant de partir...