Et toute la famille s’installe au salon.
- Tu aurais préféré voir ta chambre avant? Je demande à ma sœur juste après.
- Je pensais que vous l’auriez transformée en réduit, me répond-elle singulièrement. Vu ma très longue absence.
- Jamais de la vie! S’exclame ma mère... Sans preuve officielle, rien ne bouche dans notre maison, ma chère fille.
- C’est-à-dire?
- Nous t’avons cru morte.
- Je suis courant.
- Quel est l’imbécile qui a osé t’annoncer cela?
- Ton adorable fils tout à l’heure à l’entrée.
- Comment se fait-il que je n’ai rien entendu?
- L’intelligence artificielle te ferait une longue et belle tartine sur la surdité et le chuchotement…
- Et sur le fait que tu sois arrivée sans Papa après l’avoir rencontré Dieu sait où, aussi?
- Vous n’allez pas recommencer votre cirque, les femelles? Mon père intervient aussitôt, en criant.
Puis il s’adresse calmement à sa femme, peut-être avec une pointe d’ironie:
- À force de douter de tes proches, tu risques fort un jour de vivre loin d’eux. Si c’est ça que tu cherches, je t’encourage vivement à poursuivre ton manège. Mais si c’est le contraire que tu désires ardemment, alors écoute-moi bien... À toi de choisir! La première ou la seconde solution?
- La seconde forcément, murmure-t-elle timidement.
Et le vieux se met à sourire bizarrement.
Puis, il nous avoue en ricanant:
- En bas des escaliers, j’ai dit à Hannelore: monte sans moi, j’ai encore une petite course à faire. Mais en vérité, c’était pour… j’ai eu un excès d’aérophagie à cause de la forte émotion, due aux retrouvailles certainement.
Et c’est l’éclat de rire général...