D’abord Hanelore puis Hanelor et maintenant c’est Hanel’or, me dis-je en pensant à ma sœurette… Je paris qu’elle m’expliquerait le pourquoi d’avoir d’orthographié son prénom ainsi: à quoi bon mettre deux n et deux e qui ne servent à rien et mes cheveux ne sont-ils pas blonds dorés quasi platine?
- À quoi songes-tu, Fridolin? Tu as un problème, chéri? S’inquiète ma mère.
Je ne réponds pas.
C’est dimanche et comme c’est le jour du Seigneur, toute la famille prend le petit-déjeuner ensemble. Toute la famille: ma mère, mon père et moi-même.
- Il es devenu sourd le pauvre à force d’être collé à ton smartphone, lance ironiquement le paternel.
- De santé ou amoureux? Poursuit la Mutti.
- Ni l’un ni l’autre.
- De quoi alors?
- Il s’agit d’autre chose.
- C’est-à-dire?
- D’un message troublant.
- Des autorités je suppose, dit le vieux.
- Du rectorat je suppose, dit la vieille.
- Pas d’elles je suppose, corrige-t-il. Trop absentes.
- Pas de lui non plus je suppose, corrige-t-elle. Trop ailleurs.
- Réfléchissez bien au lieu de vous gargariser avec des suppositions à la con! Je leur reproche tout énervé… Vous n’avez pas honte de l’avoir oubliée?
Mes parents tombent sur le cul.
Puis, les lèvres tremblantes, ils me demandent à l’unisson:
- Hannelore a osé t’écrire?
- Oui! je crie...