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  • Hanel'or est de retour (6, à suivre)

     Hanel'or est de retour de Hank Vogel.jpgDonc, je pars de la maison et…

     Et quoi?

     Je me frotte le front.

     Je grimpe le Töti comme un fou qui rêve de rencontrer Dieu au sommet ou je saute dans le prochain train pour Zurich? Je me demande.

     Tic tac, tic tac, tic tac… 

    - Là-haut ou là-bas? Je murmure.

     Tic tac, tic tac, tic tac…

     - Là-bas ou là-haut? Je répète inversement.

     - Tu attends quoi pour monter, tête de nœud? Me gronde un bonhomme.

     Aussitôt,  je saute sur le Glaner Sprinter, nouvelle version, et je m’installe sur un siège. 

     Merde, je n’ai pas payé ma place! Je me dis au bout de quelques secondes.

     Illico presto, je me lève d’un bond et je cours à la recherche d’un contrôleur ou d’une contrôleuse.

     Et, comme par hasard, je tombe sur la personne qui m’a crié dessus. 

     - Encore-vous? Me demande-t-il en me  dévisageant, après que nous nous sommes salués cordialement mais sobrement bien entendu… Qu’y a-t-il de si grâce? Vous êtes pâle comme un pâté glaronais.

     - Si seulement! Je lui réponds en souriant. C’est pour une toute autre chose, moins sucrée… Devinez! 

     - Je ne vois pas.

     - Le billet!

     - Vous l’avez perdu?

     - Si seulement!

     - Pourquoi dites-vous ça?

     - J’aurais ainsi un alibi.

     - C’est-à-dire?

     - La preuve qu’un guichetier ou une guichetière me l’aurait vendu.

     - Donc?

     - Je ne l’ai pas acheté.

     - Et?

     - J’aimerais m’acquitter de cette dette. Mais!

     - Mais?

     - Sans devoir payer l’amende de quatre-vingt-dix francs concernant la supposée fraude…

     - Pour quelle raison?

     - Étant donné qu’une personne pressée m’a propulsé dans le wagon en quelque sorte, sans que je le veuille. Croyant peut-être que j’hésitais ou que j’avais peur…

     - Et ce n’était pas le cas?

     - Non, mon esprit était ailleurs. Vraiment ailleurs. 

     L’assistant à la clientèle, son titre officiel, me fixe dans les yeux un bref instant puis il me dit avec un drôle de sourire au bout des lèvres:

     - Alors vous êtes exempté de tout crédit, Monsieur Fridolin Blumer.

     Je reste bouche bée...