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Mon aïeule Henriette d'Orbe (extrait 3)

 Mon aïeule Henriette d'Orbe de Hank Vogel.jpgLa fois suivante, plus tard dans le temps, à peine arrivée, Henriette saute au collet de Roscelin et lui demande ardemment:

 - A quoi tu joues, vaurien?... Tu me donnes des soucis pour rien. J’ai hâte de tout savoir.

 - Retire ta main d’abord, ordonne-t-il gentiment. Ce ne sont pas des manières pour une princesse. 

 - Comtesse, corrige-t-elle en obéissant... Et pas encore.

 - C’est tout comme.

 - Tu as beaucoup d’imagination.

 - Pas autant que ça. Le années passent si vite. Un jour, tu te souviendras... 

 - Tu n’as répondu ma question.

 - Je ne suis pas dans ta citrouille, quelle question?

 - Pourquoi tes adieux sont pires que ceux d’un mort?

 - C’est-à-dire?

 - Sans faire le moindre signe ni souffler le moindre mot.

 - Parce que chez moi, les personnes qui s’aiment ou qui s’estiment énormément n’ont pas besoin de tout ce tralala.

 - Pas chez moi.

 - Je sais. Mais là, on n’est pas chez toi.

 - Si.

 - Pas encore puisque tu ne possèdes pas encore ces terres. Tu viens de me l’avouer, non?

 - En quelque sorte oui.

 - Donc: elles m’appartiennent peut-être. Mais le but de cette longue leçon, c’était de faire comprendre que si tu tiens à ce que l’on accepte tes us et coutumes, accepte ceux des autres... Un jour, tu t’en souviendras...

 - Cesse de me répéter cette phase! Je ne suis ni à la messe ni ton âne...

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