La fois suivante, plus tard dans le temps, à peine arrivée, Henriette saute au collet de Roscelin et lui demande ardemment:
- A quoi tu joues, vaurien?... Tu me donnes des soucis pour rien. J’ai hâte de tout savoir.
- Retire ta main d’abord, ordonne-t-il gentiment. Ce ne sont pas des manières pour une princesse.
- Comtesse, corrige-t-elle en obéissant... Et pas encore.
- C’est tout comme.
- Tu as beaucoup d’imagination.
- Pas autant que ça. Le années passent si vite. Un jour, tu te souviendras...
- Tu n’as répondu ma question.
- Je ne suis pas dans ta citrouille, quelle question?
- Pourquoi tes adieux sont pires que ceux d’un mort?
- C’est-à-dire?
- Sans faire le moindre signe ni souffler le moindre mot.
- Parce que chez moi, les personnes qui s’aiment ou qui s’estiment énormément n’ont pas besoin de tout ce tralala.
- Pas chez moi.
- Je sais. Mais là, on n’est pas chez toi.
- Si.
- Pas encore puisque tu ne possèdes pas encore ces terres. Tu viens de me l’avouer, non?
- En quelque sorte oui.
- Donc: elles m’appartiennent peut-être. Mais le but de cette longue leçon, c’était de faire comprendre que si tu tiens à ce que l’on accepte tes us et coutumes, accepte ceux des autres... Un jour, tu t’en souviendras...
- Cesse de me répéter cette phase! Je ne suis ni à la messe ni ton âne...