Arrivés aux pieds du maréchal suédois du roi Magnus, en bronze bien entendu, j’éclate de rire puis j’explique à Raoul tout sidéré:
- Excuse-moi mais c’était plus fort que moi. Il fallait que je réagisse ainsi. C’était le seul moyen pour qu’ils me prennent pour un fou.
- Mais de quoi et de qui s’agit-il, bon sang? me demande mon ami Azéri, le regard moins bridé que d’habitude.
- Des deux agents qui nous observaient, je lui réponds en toute sérénité. Mais, bien sûr, pour ne pas changer, tu étais en train de contempler les fesses de la serveuse ou celles de la voûte céleste...
- A l’intérieur, n’est-ce pas?
- A l’extérieur également.
- Où ça, Bon Dieu? s’interroge-il à haute voix en pivotant sur ses talons.
Puis, il me dit pour me rassurer, avec une pointe d’ironie:
- Il n’y a aucune personne de suspecte à ma connaissance. Pas un chat et la place est déserte. Totalement vide.
- C’est normal, les deux sbires à machin ont pris la fuite avant que tu te rends compte de leur présence. Dangereux comme tu es. Mais paumé, malheureusement pour moi eux.
Soudainement, Raoul ferme les yeux et les ouvre aussitôt, me dévisage étrangement un bref instant puis me supplie:
- Pour l’amour du ciel, cesse de me m’insulter sans aucune raison. Je suis ton ami et non pas ton ennemi. Mais un ami qui a de multiples soucis. Tu as compris?
- Parfaitement!
- Et c’est tout?
- Dans ce cas, ce que j’avais à te proposer tombe à l’eau...