Une heure plus tard, ma mère se pointe dans ma chambre, en vérité la mienne et celle de Lili depuis que nous sommes mariés, et me demande sereinement:
- Vous en êtres où avec l’association?
- Elle est stand-by, je lui réponds d’un air désintéressé.
- En d’autres termes?
- Elle est en veille.
- J’avais compris... Et c’est tout?
- Non, nous sommes au stage de la réflexion. Donc nous cogitons et nous attendons...
- Toi aussi?
- Démocratie oblige!
- Je croyais que tu en étais le président, non?
- Pas encore!... Ou jamais...
- Comment ça?
- Après notre première réunion, personne ne s’est manifesté pour discuter et ou participer à un éventuel comité. Que veux-tu, après une génération qui se suffisait de ses blablas, je crains fort que la suivante puisse être celle du combat...
- En somme, tu nous accuses, ton père et moi, de n’avoir pas agi concrètement, n’est-ce pas?
- Toi, Papa et vos complices... parfaitement!
- Parce que c’était pas encore le moment, bon sang!
- Hélas, ce n’est jamais le moment. Elle pète quand ses couilles sont pleines.
- Mais de quoi, de qui parles-tu?
- De la révolution, Bon Dieu!
- Laisse le Seigneur à sa place.
- Et toi, ton sang dans ses entrailles.
- Ça tombe bien! Tout vient à point à qui sait attendre.
- De quoi de s’agit-il encore?
Ma mère, le sourire malicieux, s’apprête à me dévoiler un ses multiples secrets mais voilà que l’on sonne à porte...