Après ce laps de temps d’ingurgitation à des fins hygiéniques, si vous admettez cette expression, Ursula hoche la tête à l’indienne, me toise étrangement, lâche un rot effroyable et me déclare quasi aussitôt:
- Seules les femmes constipées et les types de votre genre se retiennent à ces moments de grâce.
Je suis sidéré.
- N’ai-je pas raison? me demande-t-elle toute décontractée.
- Oui et non, je lui réponds, d’un air encore choqué.
Suite à ma réponse, inquiétante pour elle probablement, elle se met d'emblée à grimacer avec la bouche durant une ou deux minutes. C’est tantôt la bouche en huître, tantôt la bouche en cul de poule. A déboussoler totalement le plus doué des spécialistes en synergologie.
Au terme de cet étrange spectacle inattendu, mon esprit se libère subitement et miraculeusement de toute peur. Et je murmure:
- Pourvu que je ne m’envole pas.
Du coup, le regard d’Ursula se dirige vers mon cahier bleu, que je tiens dans la main gauche, et elle murmure à son tour:
- Tel père, tel fils!
Puis elle me propose:
- Je veux bien vous aider comme il m’arrive d’aider votre paternel. Mais à condition qu’il ne s’agit d’un voyage en avion. OK?
- C’est beaucoup, beaucoup plus exaltant! je m’exclame tout excité...
- Du calme Raoul! Une chose après l’autre... Passez-moi d’abord votre verre et allongez-toi sur le canapé en attendant que je fasse la vaisselle.
Et j’obéis de nouveau. Mais cette fois-ci promptement et joyeusement tel un enfant amoureux de sa maîtresse, d’école bien entendu.
Ursula quitte la pièce...