Aussitôt dit, quasi aussitôt en pleine action.
Installé confortablement à mon petit bureau, j’ouvre mon cahier bleu et je lis à haute voix la dernière phrase que j’ai écrite, soit:
- Qui me saignaient en tout cas.
Et, tout excité, je prends dans mes mains ma plume préférée, un stylo Pelikan offert par mes parents lors de mes études d’architecture, hélas inachevées par la faute d’un prof qui me détestait, je dévisse rapidement son capuchon, je pointe énergiquement son bec sur une page vierge et j’attends...
- J’attends quoi au fait? je murmure... Que le Bon Dieu ou le vilain Diable ou les deux à fois veuillent bien me guider sur le chemin de mon passé? C’est ça! Non, ce n’est pas ça! C’est quoi alors?
- Je suis vraiment dans le caca, je crie. Merde alors!
A peine une seconde plus tard, ma mère entre dans ma chambre comme telle une folle échappée d’un asile psychiatrique et me demande:
- Toi aussi, tu as des problèmes de ce côté-là?
- Ça m’arrive de temps en temps, je lui réponds. Certainement, lorsque le soir de la veille est chargée de fortes émotions.
- Et maintenant ça va?
- Pourquoi ça ne de devrait pas aller?
- Les œufs à ton petit-déj... frits avec et de vielles herbes et de l’ail...
- Mais de quoi tu parles, maman?
- Désolé, j’ai pensé que tes cris dus à une mauvaise digestion.
- Si seulement! Ta cuisine vaut celle d’un grand chef... C’est mon désarroi qui m’a poussé à jurer comme un charretier.
- Alors, tout est OK!
Et elle disparaît de ma vue.
Trois secondes s'écoulent et voici que mon smartphone se met à sonner.
Les emmerdeurs se suivent et se ramassent à la pèle, me dis-je. Je dégaine je ne dégaine pas? sachant que mon portable est à moitié sous mes fesses...