- C’est une farce ou un piège? Je demande à l’employé des CFF, avec après mon petit laps de temps de stupéfaction. Je parie que vous êtes zurichois, n’est-ce pas?
- Même si je le paie à votre place? Me rétorque-t-il.
- Pour quelle raison feriez-vous ça?
- Parce que nous sommes cousins… dans cette société à la con.
- Moi, je dirais plutôt que nous sommes tous frères sur cette terre.
- Comme toi avec ta sœur Hannelore?
Et de nouveau, je reste baba.
- Vraiment, tu ne te souviens pas de moi? S’inquiète-t-il.
Je branle la tête.
- Mais si! S’exclame-t-il. Je suis Fritz, le fils de ta tante Rosaline.
Du coup, je réagis:
- Oui, oui… ça me revient maintenant. C’est fou comme tu as changé!
- Et toi alors?
- L’eau qui passe sous les ponts ne laisse jamais les rives telles quelles.
- Serais-tu devenu poète? Comme… comme…
- Comme qui?
- Ta soeurette.
- D’où tu tiens cette information?
- De ma mère.
- Et elle?
- De ta mère.
- Je croyais qu’elles ne parlaient plus les deux jumelles… Depuis quand au fait?
- Pose plutôt cette question à ta chère maman!
- Et dire que je pensais que les femmes glaronaises étaient transparentes comme le cristal de roche.
- Elles le sont, les hommes aussi! En politique seulement… Mais dur à croquer.
- C’est-dire-dire?
- Tu as déjà essayé de bouffer du quartz?
- C’est drôle!
- Non, c’est parfois très inquiétant.
- Concernant quoi? T’as…
Mais à ce moment précis le haut-parleur du train annonce la gare de Näfels-Mollis et mon cousin disparaît de ma vue sur le champ.
Devoir oblige, me dis-je… Au moins il travaille et ne profite pas de la caisse de chômage, comme moi...