Il y a donc un quart de siècle en arrière, quand j’habitais au début de la rue Alberto-Giacometti dans le canton de Genève, il m’est arrivé une drôle d’histoire qui vibre encore dans ma cervelle, avec bien d’autres certainement.
C’est pourquoi, je n’hésite jamais à remonter le temps et je me réjouis toujours à revivre cet évènement en le racontant.
Dès lors, après une soirée fortement alcoolisée avec de vieux copains tous divorcés, je me lève le matin le cerveau dans la ouate.
Je regarde ma montre, il est midi et vingt.
Déjà? me dis-je, tout étonné... Heureusement que je suis au chômage. Sinon, j’aurais des ennuis. Avec un dirlo ou un chef à la con. Je m’habille ou je reste à poil pour le restant de la journée? Tout de même, un peu de dignité! Bien que la nudité n’a jamais été un problème à l’époque des cavernes, surtout en été. En évoluant l’être humain s’est construit une montagne d’interdits autour de lui. De qui la faute? Des prêtres obsédés sûrement? L’adverbe est de trop. Sans doute parce que je suis trop cool avec ses individus conditionnés par des doctrines surréalistes. En somme, j’ai pitié d’eux. Bon! Je fais quoi après ça? Je sors tout nu et on me fout en tôle ou j’enfile ma chemise et mon jeans et on me fout la paix?
Tout à coup, une voix à la fois présente et lointaine m’ordonne:
- Comme d’habitude, sort de chez toi et suis ma trace.
- Comment? je lui demande un tantinet paniqué.
- Tel un aborigène, me répond-t-elle.
- Comment? je répète.
- Ou comme un chien qui cherche une chienne, m’explique-t-elle... Allez du nerf!
Et voilà que je redeviens le toutou obéissant de Sa Majesté la Société...