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Hank Vogel

  • Le goût du rouge à lèvres (12, à suivre)

     Le goût du rouge à lèvres-couv.jpgJe décroche le téléphone et je compose le numéro que Marie m’a soufflé à l’oreille droite. Heureusement à celle-ci vu que l’autre est presque hors circuit suite à un pétard du 1er Août.

     Après trois longues sonneries, une voix fluette se presse de m’annoncer:

     - Soyez bref ou brève s’il vous plaît car j’ai la grippe.

     - Désolé pour le dérangement... C’est vous Isabelle?

     - Oui mais à moitié groggy.

     - Moi, c’est...

     - Pas la peine, je sais qui vous êtes.

     - Comment le savez-vous?

     - Par votre voix.

     - Qu’a-t-elle de si remarquable ou plutôt de si particulier?...

     - Non, elle est vraiment remarquable surtout quand vous gémissez.

     Un long silence s’installe entre nous. Chargé d’inquiétude et d’une multitude d’interrogations, de ma part. 

     - Vous êtes-vous là? me demande-t-elle au bout de ce creux relationnel.

     - Oui, je suis là, je lui réponds sèchement.

     - Pardon, je croyais que vous étiez différent des... non, rien. Quel est le but de cet appel?

     - J’aimerais avoir une conversation sérieuse avec vous. A titre personnel et non pas professionnel.

     - Où ça?

     - Où vous voulez... Même à l’hôpital si vous le souhaitez, question de sécurité...

     - Oh non! Surtout pas là où j’ai failli me faire violer trois jours avant votre fuite... et..

     - Et?

     - J’ai l’intention de ne plus jamais y retourner.

     - OK, OK... Au café où travaille votre sœur, ça vous conviendrait? Ce n’est pas loin de chez moi.

     - Où habitez-vous?

     -  Au rez-de-chaussée  du numéro un de la rue Alberto-Giacometti. 

     - Mais c’est une blague!

     - Pourquoi dites-vous ça?

     - Parce que mon appart n’est pas loin.

     - On fait quoi alors?

     - J’arrive illico presto... Je crois ma fièvre est tombée...