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Hank Vogel

  • Le cheval de Guelendjik (3, à suivre)

     Le cheval de Guelendjik de Hank Vogel*.jpgAu début de la GG, la Grande Guerre qui débuta en 1914, un officier du MI6, le service de renseignement extérieur du Royaume-Uni, se rend au bureau de notre  chef de famille de l’époque, situé probablement à la rue Saad Zaghloul à Alexandrie, et lui demande en caressant convulsivement sa moustache jaunie, certainement à cause de son addiction à la chicha:

     - Est-il vrai que vous êtes en train de construire un submersible?

     - Ce ne sont que des rumeurs, cher sujet de Sa Majesté, lui répond tout décontracté le présumé espion.

     - Oui ou non?

     - Non, car pour l’instant, nous ne sommes qu’au stade de l’élaboration des plans...

     - Et qui sont ces nous? Des Allemands forcément, n’est-ce pas?

     - Errare humanum est, perseverare diabolicum. 

     - C’est en quoi?

     - En latin.

     - Encore une?

     - Une quoi?

     - Vous parlez combien de langues dans votre pays?

     - Quatre.

     - Avec celle-ci ou sans celle-ci?

     - Sans elle.

     - Elle sert à rien en somme...

     - Si, tout de même!

     - A quoi?

     - Elles permet aux curés des villages les plus éloignés de faire croire aux leurs fidèles paroissiens qu’ils sont toujours en contact avec Jésus qui, lui pourtant, préférait parler l’araméen.

     - L’arménien?

     - Non, l’arménien proche de l’arabe et de  l’hébreu...

     - Ce n’est mon rayon, revenons à nos moutons! C’est qui ces nous?

     - Des amis, des copains d’enfance...

     - Des Allemands?

     - Non, des Napolitains.

     - D’où?

     - Mais de Naples, pardi!... Pourquoi, vous auriez voulu qu’ils soient de Berlin ou de Strasbourg?

     - Surtout pas de Berlin!

     - Mais de Strasbourg ça passe encore... n’est-ce pas? 

     - Vu les circonstances, je vous répondrais par un terme très encourageant du genre... 

     - Lequel?

     L’agent de secret se frotte à fond sa bacchante durant un laps de temps puis, calme et serein tel un vrai Britannique, dit à mon aïeul:

     - Un bon conseil mon cher adepte de Tell, parlez plutôt la langue de bois avec vos proches que celle du sieur Goethe si vous ne souhaitez pas me revoir bientôt.

     Enfin, il jette un coup d’œil sur sa montre pendentif, claque des talons et se tire à l’anglaise...