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Hank Vogel

  • Détenue au secret (6, à suivre)

     Détenue au secret de Hank Vogel.jpgLe soir, au bercail, après une journée épuisante, physiquement et moralement, comme tout premier jour lors d’un nouvel emploi, mon paternel me dit, tout feu tout flamme, à se demander pourquoi:

     - Je parie que Fridolin t’a filé le maillot jaune.

     - Maillot jaune? je murmure... Je ne comprends pas.

     - Désolé, c’est une expression au sein de notre parti... 

     - Qui signifie?

     - Nommer quelqu’un chef d’une équipe en se basant sur ses expériences professionnelles.

     - Mais je n’ai travaillé que quelques mois  en tant que geôlier dans le passé...

      - Il n’y pas que ça! Et tes études, elles comptent pour beurre?

     - Nous ne les avons pas abordées.

     - Mais de quoi avez-vous parlé, alors?

     - De toi.

     - De moi?

     - Oui de toi.

     - En bien ou en mal?

     - Il paraît que tu ne vas plus aux séances du parti. C’est vrai ou c’est faux!

     - Ma parole, il a perdu la boule ce vieux con! C’est lui qui ne vient plus... Et j’en ai la preuve.

     - Quelle preuve?

     - Tu n’a qu’à téléphoner au président régional.

     - Je le ferai en temps voulu.

     - OK!... Et part ça? Rien de neuf?

     - Si! Les détenus et les gardiens ont le droit de s’habiller comme bon leur semble, sous réserve que ça ne choque personne.

     - Mais ce n’est pas nouveau!

     - Si! Avant, on avait également le droit de porter des shorts... mais plus maintenant.

     - Pour quelle raison?

     - Parce que ça rendait malades certaines personnes?

     - Qui?

     - Des femmes et les Pakistanais.

     - C’est une blague ou quoi?

     - Pas du tout, Papa... Tu as déjà oublié ton séjour à Islamabad où un gosse t’a remis  un bout de papier sur lequel il était écrit: Allah ne supporte pas de voir des jambes nues ou quelque chose d’autre dans le même esprit?

     - Non, je m'en souviens très bien... Et ça vient jusqu’ici?

     - En quelque sorte probablement, afin que nos maisons de redressement ne se transforment pas en asiles de fous.

     - Quel monde!... Et à part ça?

     - On n’a plus le droit de menotter qui que ce soit. Chaînes et menottes, c’est dorénavant réservé aux civilisations violentes et esclavagistes, dit-on.

     - Hélas!... Et tu es sous les ordres de qui?

     - D’un plus pistonné que moi sûrement.

     - Qui s’appelle?

     - Alfred de Montcuq.

     - C’est une blague cette fois-ci?

     - Mais non, Papa! Pourquoi tu penses que cherche toujours à me moquer de toi?

     - Désolé, fiston! C’est plus fort que moi... depuis le jour où j’ai perdu les élections, sans doute...

     - Tu n’as qu’à te représenter à la prochaine législature.

     - Je n’ai aucune change.

     - Au contraire. A condition que des termes comme hélas de tout à l’heure disparaissent de ton langage. Réclame ce que la majorité du peuple réclame et tu se seras réélu haut la main.

     - Merci, Charles! J’y songe déjà...