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Hank Vogel

  • Détenue au secret 13 (à suivre)

     Détenue au secret de Hank Vogel.jpgUn quart d’heure plus tard, je croise, dans un des nombreux couloirs du CP 123,  Alfred qui tire une tête d’enterrement, je me retourne aussitôt et je lui demande:

     - Quelqu’un s’est suicidé dans cette baraque de zouaves ou quoi?

     De Montcuq s’immobilise sur le champ puis il s’approche de moi et me répond d’un ton menaçant:

     - Pas encore mais ça viendra à cause de toi et de tes scrupules à la con.

     - Fridolin t’a déjà informé de notre conversation?

     - Plus que ça, en me cassant les oreilles au téléphone… 

     - C’est-à-dire?

     - Il me reproche de ne pas t’avoir mis au courant de certaines pratiques qui se passent ici.

     - Donc, j’ai eu raison de me plaindre…

     - Pas du tout!

     - Et pourquoi?

     - Parce que tu aurais dû m’en parler avant. Et je t’aurais tout expliqué. De A à Z... Après tout, si l’on réfléchit au-delà de la sphère bourgeoise,  on ne fait rien de mal.

     - Alors pourquoi seules les femmes méritent un tel sort?

     - Parce qu’elles en demandent.

     - De vivre nuit et jour dans le noir?

     - Non, pas de ça, bien sûr!... Mais au fait, de quoi tu t’es plaint auprès du commandant?

     - Se taire, c’est agir en complice et, selon moi, c’est par conséquent commettre un acte ou des actes illégaux.

     - Baiser n’est pas du tout un crime si c’est consenti de toute part, à ma connaissance. Même en tôle. Non?

     Je me frotte le front puis je m’interroge à haute voix:

     -  Y a-t-il un quiproquo qui a passé à la trappe?… Mais… mais…

     - Mais? S’inquiète mon chef d’un unique galon.

     - Le dirlo a parlé trop vite et de trop, je lui explique.

     - Je n’arrive pas à ta cheville, camarade. Sois moins intello!

     - Il a prononcé le terme autrement et il a sûrement pensé que… que…

     - Que quoi?

     - Que j’avais tout compris.

     - C’était le cas?

     - Non, je croyais qu’il plaisantait.

     - Et?

     - Je constate maintenant que je me suis rudement trompé… J’aurais mieux fait de me taire.

     - Ce n’est que la pointe de l’iceberg! A toi de voir si tu souhaites y rester ou si tu préfères glisser jusqu’au fond.

     - On verra! Demain, peut-être?

     - OK! Il faut que je te quitte, j’ai un problème domestique à régler urgemment.

     - Bien sûr, bien sûr!

     Et nous nous séparons...