Le lendemain matin, à la cuisine, au petit-déjeuner, ma mère me demande:
- Tu as supprimé la fameuse application espionne introduite par ton daron.
- Ta question ne mérite pas d’être élucidée, je lui réponds évasivement.
- Pour quelle raison?
- Il y en a deux... Est-ce clair?
- Aussi clair que la vie après la mort... Tu me boudes, n’est-ce pas?
- Mais pas du tout...
- Alors explique, bon sang!
- OK! Je résume les deux en une, tu veux bien?
- Tu cherches à me rendre folle ou quoi?
- Au contraire, j’essaye... j’évite que mon humanus syndromus se mette en branle.
- C’est quoi ça encore pour une connerie?
- Pas maintenant, pas maintenant...
- Alors vas-y!
- Ton langage inhabituel m’a poussé à croire que tu accuses Papa d’avoir commis lui seul un tel acte de bassesse, bien que, la première raison, ce mouchard à la con, qui me fait ni chaud ni froid, me serait pourtant salvateur en cas d’overdose.
Brusquement, mon éternelle soucieuse se lève d’un bond, renversant ainsi sa chaise, et crie en levant les bras au ciel:
- Je le savais, je le savais! Pourquoi m’a-tu infligé cela, Seigneur?
Puis, elle s’adresse à moi en pleurnichant:
- Est-ce la vérité et ou mensonge? Tout cela me rend dingue.
Je souris chaleureusement et je lui explique pour l’apaiser:
- Tout le monde espionne tout le monde, dans cette société névrosée et à bout de souffle. Mais à la place, nous ferions mieux de nous regarder dans la glace. Étant donné que les défauts des autres sont moins monstrueux que les nôtres, contrairement à ce que nous pensons. La certitude est au-delà de l’univers des préjugés... Épie-moi autant que tu le désires, ma chère Maman. Car je n’ai rien à cacher, pour le moment. En temps voulu, j’achèterai un nouveau smartphone totalement blindé... Et je te jure sur la Bible, le Coran et la Gîta que mes pires ennemis sont, étaient et seront toutes les drogues, y compris la vigne et le tabac...