Sans tarder ni végéter, dirait ma chère maman, je prends l’autobus qui est sensé m’amener à deux pas de chez moi.
Mais!
N’ayant pas encore pris mon petit-déjeuner et, surtout, pensant que le lait dans mon frigo a certainement dû tourner, je descends un arrêt plus tôt et j’entre dans le café où souvent je bois des verres avec mes meilleurs amis.
Et là, c’est la surprise de ma vie!
- Vous travaillez comme serveuse maintenant? je m’adresse à Isabelle. On vous a foutue à la porte à cause du connard de toubib?
La jeune fille me sourit un laps de temps puis me dit:
- Désolée mais je suis Marie, sa sœur jumelle...
- Ça alors!... Vraiment?
- Dans quel but vous mentirais-je?
- On ne sais jamais.
Je m’assied à une table. Elle s’approche de moi.
- Il est vrai que nous nous ressemblons comme deux gouttes, m’explique-t-elle. Mais une chose nous diffère sérieusement.
- Quoi donc?
- Le choix de notre rouge à lèvres... Bien que je la soupçonne parfois de me piquer le mien.
Je me mets aussitôt à renifler.
- Et? me demande-t-il.
- En effet, vous n’avez pas tort, je lui réponds.
- Et? répète-t-elle.
- Vos soupçons vous donnent raison.
- C’est-à-dire?
- J’ai l’impression de reconnaître le sien... ou le vôtre bien entendu.
- Quel arôme?
- Violette... Je me trompe?
- Pas du tout, vous avez un sacré odorat... Quel chance!
- C’est héréditaire depuis de nombreuses générations...
- Et je vous sers quoi?
- Un renversé et un croissant frais, s’il vous plaît.
- Et bien éduqué par-dessus le marché!...