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Hank Vogel

  • Détenue au secret 15 (à suivre)

     Détenue au secret de Hank Vogel.jpgJe me gratte le ciboulot, j’hésite un bref instant puis je me lâche:

     - En toute sincérité et avec tous mes regrets, pour reprendre en quelque sorte l’expression de mon chef d’équipe, je me suis toujours contenté de vous parler de ce qui passait au sommet de l’iceberg mais jamais du reste, de ce qui bouillonnait au fond… La première fois, l’évènement ne m’a pas parût exceptionnel, car j’ai cru vraiment que la détenue souffrait  de photophobie et, peut-être,  à cause de certains bavardages entre collègues. Mais, après lui avoir apporté ce qu’elle m’a réclamé, j’ai compris qu’elle ne souffrait pas du tout d’une telle maladie malgré son silence sur le sujet. Mais… mais…

     - Mais quoi? S’inquiète ma mère.

     - Il me semble, je présume, qu’on doit la plonger systématiquement dans l’obscurité jusqu’à qu’elle craque…

     - Mais c’est de la torture! crie mon père… Ma parole, nous sommes retournés à l’époque des nazis!

     - A qui le dis-tu!

     - C’est impossible, ne n’y crois pas, revient-il sur sa déclaration. Pas chez nous. Chez vos voisins, probablement. Vu leur système électoral… 

     - Alors cesse d’acheter leurs vins et leurs fromages, lui dis-je… Ce n’est pas comme ça que tu vas améliorer les choses. Occupe-toi plutôt de la poutre qui se trouve dans ton oeil…

     - Hé oh! hurle-t-il. Laisse ce prédicateur de côté, s’il te plaît! Les serments du dimanche me font vomir, depuis que j’ai appris que le curé du village d’à côté fréquente notre pasteur.

     - Il y a fréquentation et fréquentation, je précise.

     - Pourquoi vos conversations dérapent toujours? s’insurge la maîtresse de maison.

     - Parce que le cul mène le monde faute de meilleures distractions, ma chérie, lui explique ironiquement son coéquipier.

     Et il s’adresse aussitôt à moi:

     - Au fait, tu en es où avec les tiennes? Toujours au point zéro?

     - J’attends de savoir, je murmure très doucement.

     -  Je n’ai pas entendu.

     - J’attends de savoir, je répète à haute voix.

     - Savoir quoi?

     - Si… si…

     Et je quitte brusquement la table...